La deuxième année
Mon adaptation dans ce nouveau collège c'est finalement bien passée. il n'y avait qu'une chose que je cachais par dessus tout c'était mon lieu de vie. Personne ne savait où je vivais, la honte rien de moins.
Le premier hiver que nous avons passé dans notre maison en carton était très rigoureux, le chauffage tournait à fond mais malheureusement ce type de logement n'est pas adapté pour y vivre l'hiver et l'humidité commençait à se faire sentir. Parfois on entendait le planché craquer mais ce n'était rien.
Les jours de grand froid nous n'avions pas d'eau, les tuyaux étaient gelés. Nous allions donc nous doucher et prendre de l'eau pour manger à quelques pas de chez nous. Nos assiettes étaient pleines, je mangeais à la cantine le midi, j'ai appris un peu plus tard que ma mère ne mangeait pas le midi pour que nous ayons un vrai repas le soir. C'était une vie un peu rustique mais nous avions chaud
Mes relations avec Sandra s'étaient apaisées, nous nous cherchions, nous partagions nos états d'âmes mais moi j'en voulais plus, je voulais la prendre dans mes bras, l'embrasser, elle m'avait accepté connaissant ma situation et cela avait beaucoup de valeur à mes yeux... Mais elle n'en était pas là, elle avait déjà son chéri et jamais je n'aurai osé lui forcer la main.
Le soleil pointa son nez en fin d'année scolaire, il était temps ! L'humidité commençait à nous peser. Comme tous les étés, celui-ci est passé vite, mes amis de Paris m'avaient un peu vanné sur ma situation : manouche, gitan... Ca ne fait pas super plaisir mais au moins c'était marrant
je n'avais que l'autodérision comme bouclier alors je me suis auto proclamé "Gipsy King", c'était reglé comme ça. Et puis cela ne m'a pas empêché de passer de bonnes "vacances"...
La nouvelle année scolaire arriva, notre télé était tombée en panne pendant l'été, bien sûr nous n'avions que la cabine téléphonique pour ne plus être coupé du monde.
Je voyais ma mère diminuée. Nos assiettes étaient bien moins pleines que l'année qui s'était écoulée, nous ne mangions pas vraiment équilibré mais heureusement j'avais la cantine de l'école ! Ma p'tite maman mangeait souvent une salade le soir, une soupe ou une assiette de pâtes ou de riz. Un jour elle a prétexté qu'elle digérait mal, c'est là que j'ai compris la gravité de la situation, elle se privait pour moi...
Et notre ennemi juré, l'hiver, se pointa. D'ailleurs il semble plus rigoureux que l'année d'avant ? Et bien non, en fait nous avions juste baissé le chauffage pour que la bouteille de gaz tienne plus longtemps. Le premier mois était passé sans encombre, nous ne mangions pas à notre faim mais au milieu de ce chaos familiale nous avions instauré une certaine complicité, il m'arrivait de dormir avec ma mère pour que nous dirigions le chauffage sur nous et ainsi ne pas perdre trop de notre précieuse source de chaleur. Il m'arrivait de laisser un peu de mon assiette pour qu'elle mange un bout de viande lorsque j'avais le plaisir d'en avoir.
Nous étions dans la merde et pourtant ma mère continuait de chercher du boulot, le souci c'est qu'elle ne pouvait démarcher et se pointer à la même période que l'arrivée de nos aliments dans le frigot, c'est à dire en début de mois. Il n'y avait qu'un plein par mois et souvent moins que ça...
Plus nous marchions plus le sol devenait instable... L'humidité commençait à ronger notre maison en carton !
Nous avions convenu que je rentrerai seul du bus, qui me ramenait dans le patelin d'à côté, le soir et qu'il valait mieux que j'arrive à l'heure le matin !
Un soir en rentrant après mes quelques 3-4 kilomètres de marche il n'y avait plus de lumière dans notre taudis, je couru intrigué que la voiture soit là mais pas ma mère... J'ouvris la porte, j'allumai la lumière, elle était entrain de pleurer, un couteau à la main la manche relevée... J'ai pris le couteau et l'ai jeté, j'ai commencé à lui crier dessus avec des mots très dures : "tu veux m'abandonner c'est ça (putain... j'ai les larmes aux yeux) ... "tu veux m'abandonner c'est ça, tu veux partir toute seule et m'abandonner comme papa ?" Elle m'a regardé... M'a prise dans ses bras et m'a dit "heureusement que tu étais là... sinon je serai morte..." Et je lui ai dis "heureusement que toi aussi tu es là, sinon je serai mort...".
Nous avons pleuré et cela n'a fait que renforcer nos liens. Nous ne vivions plus juste l'un avec l'autre mais l'un pour l'autre, ensemble !
(C'est pas super drôle cette partie mais au moins c'est fait ^_^ )
Le premier hiver que nous avons passé dans notre maison en carton était très rigoureux, le chauffage tournait à fond mais malheureusement ce type de logement n'est pas adapté pour y vivre l'hiver et l'humidité commençait à se faire sentir. Parfois on entendait le planché craquer mais ce n'était rien.
Les jours de grand froid nous n'avions pas d'eau, les tuyaux étaient gelés. Nous allions donc nous doucher et prendre de l'eau pour manger à quelques pas de chez nous. Nos assiettes étaient pleines, je mangeais à la cantine le midi, j'ai appris un peu plus tard que ma mère ne mangeait pas le midi pour que nous ayons un vrai repas le soir. C'était une vie un peu rustique mais nous avions chaud
Mes relations avec Sandra s'étaient apaisées, nous nous cherchions, nous partagions nos états d'âmes mais moi j'en voulais plus, je voulais la prendre dans mes bras, l'embrasser, elle m'avait accepté connaissant ma situation et cela avait beaucoup de valeur à mes yeux... Mais elle n'en était pas là, elle avait déjà son chéri et jamais je n'aurai osé lui forcer la main.
Le soleil pointa son nez en fin d'année scolaire, il était temps ! L'humidité commençait à nous peser. Comme tous les étés, celui-ci est passé vite, mes amis de Paris m'avaient un peu vanné sur ma situation : manouche, gitan... Ca ne fait pas super plaisir mais au moins c'était marrant
La nouvelle année scolaire arriva, notre télé était tombée en panne pendant l'été, bien sûr nous n'avions que la cabine téléphonique pour ne plus être coupé du monde.
Je voyais ma mère diminuée. Nos assiettes étaient bien moins pleines que l'année qui s'était écoulée, nous ne mangions pas vraiment équilibré mais heureusement j'avais la cantine de l'école ! Ma p'tite maman mangeait souvent une salade le soir, une soupe ou une assiette de pâtes ou de riz. Un jour elle a prétexté qu'elle digérait mal, c'est là que j'ai compris la gravité de la situation, elle se privait pour moi...
Et notre ennemi juré, l'hiver, se pointa. D'ailleurs il semble plus rigoureux que l'année d'avant ? Et bien non, en fait nous avions juste baissé le chauffage pour que la bouteille de gaz tienne plus longtemps. Le premier mois était passé sans encombre, nous ne mangions pas à notre faim mais au milieu de ce chaos familiale nous avions instauré une certaine complicité, il m'arrivait de dormir avec ma mère pour que nous dirigions le chauffage sur nous et ainsi ne pas perdre trop de notre précieuse source de chaleur. Il m'arrivait de laisser un peu de mon assiette pour qu'elle mange un bout de viande lorsque j'avais le plaisir d'en avoir.
Nous étions dans la merde et pourtant ma mère continuait de chercher du boulot, le souci c'est qu'elle ne pouvait démarcher et se pointer à la même période que l'arrivée de nos aliments dans le frigot, c'est à dire en début de mois. Il n'y avait qu'un plein par mois et souvent moins que ça...
Plus nous marchions plus le sol devenait instable... L'humidité commençait à ronger notre maison en carton !
Nous avions convenu que je rentrerai seul du bus, qui me ramenait dans le patelin d'à côté, le soir et qu'il valait mieux que j'arrive à l'heure le matin !
Un soir en rentrant après mes quelques 3-4 kilomètres de marche il n'y avait plus de lumière dans notre taudis, je couru intrigué que la voiture soit là mais pas ma mère... J'ouvris la porte, j'allumai la lumière, elle était entrain de pleurer, un couteau à la main la manche relevée... J'ai pris le couteau et l'ai jeté, j'ai commencé à lui crier dessus avec des mots très dures : "tu veux m'abandonner c'est ça (putain... j'ai les larmes aux yeux) ... "tu veux m'abandonner c'est ça, tu veux partir toute seule et m'abandonner comme papa ?" Elle m'a regardé... M'a prise dans ses bras et m'a dit "heureusement que tu étais là... sinon je serai morte..." Et je lui ai dis "heureusement que toi aussi tu es là, sinon je serai mort...".
Nous avons pleuré et cela n'a fait que renforcer nos liens. Nous ne vivions plus juste l'un avec l'autre mais l'un pour l'autre, ensemble !
(C'est pas super drôle cette partie mais au moins c'est fait ^_^ )
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